Mesures d’austérité

Négociation de la dette

La dette grecque a été renégociée en 2010. Les créanciers, essentiellement privés, ont accepté de perdre 50% de leurs créances, soit 100 milliards d’euros, alors que le reste de la dette était pris par les Institutions publiques citées précédemment (BCE, banques des différents pays Européens et FMI). La dette est donc passée du secteur privé au secteur public, autrement dit des créanciers privés aux créanciers publics.

 

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Production du groupe
Données : Eurostat

Entre 1999 et 2016, la dette de la République Hellénique est toujours restée supérieure à celle de la Zone Euro. En moyenne, alors que la dette de la Zone Euro était sur cette période de 78% du PIB, celle de la Grèce était presque de 128,6% du PIB., soit un écart de 50,6 points de pourcentage environ. C’est en 2014 que la dette grecque atteint son apogée avec 174% du PIB, alors que celle de la Zone Euro était seulement de 92%, soit 82 point de pourcentage d’écart. Entre 1999 et 2016, alors que la dette grecque est passée de 94% à 170% du PIB, soit une augmentation de 76 points de pourcentage, celle de la Zone Euro est passée de 72% à 92% du PIB, c’est-à-dire qu’elle n’a pas beaucoup augmentée par rapport à la dette grecque, s’agissant d’une augmentation de seulement 20 points de pourcentage.

En échange de la remise de la dette, de nouvelles mesures d’austérité ont été exigées en 2010, que la Grèce a mises en place :

– diminution du salaire des fonctionnaires (- 10 %) ;

– diminution des pensions accordées aux retraités (- 10 %) ;

– recul de 5 ans de l’âge légal de départ à la retraite (65 ans contre 60) ;

– réduction des investissements publics et des dépenses de fonctionnement de l’État

– création de nouveaux impôts et de nouvelles taxes, hausse de 10 % des taxes sur l’essence, le tabac et l’alcool ;

– hausse de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) de deux points (23 % au lieu de 21 %, et 19 % avant mars 2010) ;

– baisse des dépenses de l’armement de 2,5 milliards d’euros en deux ans.

Voici une petite vidéo qui illustre la situation dans laquelle les grecs se trouvent à cause des mesures d’austérité et de la crise.

En mai 2011, il apparaît que le pays ne pourra pas revenir sur les marchés en 2012 et que de nouveaux financements doivent être trouvés. En effet, malgré ses efforts, le pays n’arrive pas à réduire la fraude fiscale et voit sa récession aggravée par l’austérité. Les Européens et le FMI, qui redoutent qu’un défaut de la Grèce ne vienne provoquer une nouvelle tourmente financière, sont prêts à venir en aide au pays mais, ils lui demandent de nouveaux efforts. Pour aider la Grèce, plusieurs options sont possibles : une restructuration ou un rééchelonnement de la dette, c’est la solution préférée par les pays du Nord ; ou un nouveau prêt européen, c’est la solution préférée par le gouvernement français, la BCE et les banques.

 

Début de l’intervention de la « Troïka »

La Troïka est un terme russe désignant à la base un traîneau traîné par trois chevaux, mais est aussi utilisé, d’abord en Russie, puis dans le monde entier depuis l’époque de la Guerre Froide, pour désigner tout type de collaboration tripartite. Dans le cadre de la crise européenne, la Troïka est composée de la BCE, du FMI et de l’Eurogroupe, c’est à dire des ministres des Finances de la Zone Euro. Lorsque des pays sont confrontés à d’importantes difficultés économiques, la Troïka doit en assurer leur suivi monétaire avec des prêts d’argent plus ou moins élevés, et à des taux qui peuvent être différents.

 

En 2013, la Grèce quitte l’indice boursier des marchés développés et rejoint le groupe des pays émergents. L’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique) prévoit pour 2014 une septième année consécutive de récession, remarquant toutefois que la Grèce a engagé de nombreuses réformes structurelles et que la croissance pourra revenir l’année suivante.

En 2014, le « pire » de la crise semble passé. Dans un entretien au quotidien libéral allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, paru samedi 4 mai, le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, est on ne peut plus optimiste sur les perspectives économiques de son pays. Pour lui, si la situation sociale du pays frappé par la crise « n’est pas proche d’une explosion ». Et d’avancer que la Grèce a « réussi plus des deux tiers des corrections budgétaires ». Son optimisme est choquant d’autant que depuis 2012 et jusqu’en 2015, la purge de l’économie est extrêmement sévère, le PIB par habitant redescendant de 22 000 euros/hab à 16 000 euros/hab, soit une baisse de 6000 euros.

A noter que Yanis Varoufakis est issu de l’Extrême gauche marxiste et défendait l’idée que la Grèce avait été soumise à assez d’austérité et qu’une austérité supplémentaire ne ferait qu’aggraver la chute du PIB. Il était donc partisan d’une relance que la Troïka a refusé. Il a donc dû démissionner en juin 2015.

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Production du groupe
Données : Banque mondiale
Converstion faite de dollar à euro le 28/02/2015
http://www.boursorama.com/bourse/devises/convertisseur/dollar-euro

Entre 2000 et 2014, le PIB par habitant de la France a été sur toute la période supérieure à celui de la Grèce. Ils ont cependant tous les deux augmenté entre 2000 et 2008, période durant laquelle la croissance du PIB par habitant était très forte. En effet, le PIB/hab en Grèce est passé de 10 981,1€ en 2000 à 29 110,5 en 2008, soit une augmentation du PIB par habitant d’environ 165,1%. En France, sur la même période, il est passé de 20 639,2€/hab à 41 721€/hab, il a donc été multiplié par 2,02 (soit une augmentation de 102,14% en euros). Cependant, cette augmentation du PIB par habitant a pris fin en 2008, avec la crise économique, et a été relayée par de petites fluctuations en France, dont une baisse entre 2008 et 2010 (passage de 41 721€/hab à 37 396,4€/hab) et une autre entre 2011 et 2012 (passage de 40 245,9€/hab à 37 529,2€/hab) : le PIB par habitant en 2014 était de 39 258,4€, soit une baisse de 2 462,6€ depuis 2008, ce qui est négligeable. En Grèce, la crise de 2008 a aussi marqué la fin de l’augmentation du PIB qui quant-à-elle a été remplacée par une énorme diminution, étant passé de 29110,5€ en 2008 à 19750,6 € en 2014, soit une diminution de 32,2% environ.

 

Dans le même temps, le chômage a atteint avec 27% le plus haut niveau de la Communauté Européenne et la hausse des prix a fait perdre beaucoup de compétitivité à l’économie grecque (baisse des ventes de ses produits, désertion des touristes) Ceci a eu un effet désastreux pour le commerce extérieur du pays.

 

Alexis Tsipras chef du gouvernement

Après le gouvernement socialiste Papandréou (PASOK) (2010), auquel a succédé le gouvernement conservateur Antonis Samaras (2010 – janvier 2015), qui ont tous les deux mis en œuvre la politique d’austérité sous la houlette de la « Troïka », les Grecs en on eut assez de cette politique d’austérité et ont porté au pouvoir, lors des élections législatives du 28 janvier 2015, le mouvement d’Extrême Gauche Syriza, dirigé par le leader Alexis Tsipras.

 

Tsipras s’est fait élire sur un programme promettant l’arrêt de la politique d’austérité et une renégociation de la dette avec la « Troïka ». Cependant, la « Troïka » a systématiquement refusé d’aborder la question de la renégociation de la dette, exigeant d’abord que le nouveau gouvernement accepte une nouvelle série de mesures d’austérité, et demandant à Tsipras de lui proposer une liste de mesures, chose qu’il a refusé d’effectuer.