Conséquences des mesures d’austérité sur la population

La Troïka et les Droits de l’Homme

La Troïka respecte-elle les droits de l’Homme ? La Troïka dicte en effet des mesures d’austérité indépendamment des résultats ou des programmes électoraux, ce qui constitue une violation de l’article 1 du document qui constitue la base du droit international, c’est-à-dire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (Charte de l’ONU de 1945). La République Hellénique est sous surveillance. Une « Task Force » de la Commission Européenne a son mot à dire sur tout et des lois qui ont déjà été votées au parlement sont modifiées après l’envoi de courriels de la Troïka. La Grèce n’est donc plus dans une situation de « souveraineté partagée » mais plutôt de colonialisme moderne.

L’aide aux populations face à une pauvreté grandissante

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Pour aider les plus démunis et ne pas gaspiller de la nourriture, l’Eglise Orthodoxe, prédominante en Grèce, organise des soupes quotidiennes qui consistent à demander aux restaurants, boulangeries et tavernes à donner leurs restes de nourriture afin d’en faire profiter aux pauvres (sachant que plus de 35% des grecs vivent sous le seuil de pauvreté et 17% ne peuvent pas subvenir à leurs besoins alimentaires quotidiens). Ce programme de solidarité a été lancé depuis la crise par l’Eglise Orthodoxe, collaborant avec plusieurs chaînes de télévision, dans toute la Grèce et particulièrement dans la capitale. Cependant ces actions solidaires et caritatives doivent faire face à une demande trop élevée, ce qui perturbe ces organisations puisqu’il n’y a pas toujours assez de nourriture pour tout le monde. Avec la hausse massive de la précarité en Grèce, 300 000 ménages ne recevant pas de revenu, 80% des grecs ayant réduit leurs achats de produits de base et plus de 15 000 athéniens étant sans abri, la demande pour les soupes populaires n’a pu qu’augmenter. Cette pauvreté massive est de plus accompagnée d’un sentiment de honte, de ne plus appartenir à la société.

Tout ceci a conduit à une grève générale en janvier dernier, massivement suivie dans les rues d’Athènes et de Thessalonique, les agriculteurs se joignant aux citadins et ont bloqué les routes.

Y avait-il une solution alternative au Diktat des créanciers ? Est-elle encore possible ?

 

Le peuple Grec a apporté un appui très clair à Syriza et à son leader Tsipras tant en janvier qu’à l’été 2015. Comme il a été dit précédemment, les concessions faites par Tsipras aux créanciers internationaux (UE, BCE, FMI) en échange d’un nouveau prêt accordé à la Grèce en juillet dernier, notamment la réforme des retraites, l’allongement de l’âge du départ, les salaires comprimés, l’augmentation des impôts directs et indirects, l’accumulation de nouvelles dettes, l’ont amené à imposer à la population ce qu’il dénonçait véhémentement avant de prendre le pouvoir. En échange de ces concessions, douloureusement acceptées par la population, le gouvernement s’était engagé à un excédent budgétaire primaire dans son plan de relance pour 2016. Mais il il semble, sans surprise, que cette promesse sera vaine et à très court terme les créanciers attaqueront à nouveau les autorités grecques pour non-respect de leur engagement.

Il n’y aura donc pas de répit pour le peuple et le gouvernement, pris dans une spirale de concessions vis-à-vis de ses créanciers et une nouvelle crise pourrait à nouveau éclater en 2016.

Aussi, de plus en plus, des voix s’élèvent de partout en Grèce, de la population comme de l’opposition, qu’il eut été peut-être plus utile de mettre en place une stratégie alternative en suscitant des mobilisations populaires massives en Grèce, étendue aux autres pays d’Europe. Les autorités grecques auraient ainsi pu s’y appuyer pour contrer des tentatives d’isolement du pays que n’auraient pas manqué d’organiser toutes les forces opposées aux changements en faveur de la justice sociale. Le gouvernement aurait alors été renforcé par ces mobilisations populaires de toutes parts en Europe et par sa confiance aux forces mobilisées. Mais, à tort, le gouvernement d’Alexis Tsipras a pris la voie de la négociation permanente dans le seul but de renouveler un accord avec les créanciers, alors qu’il fallait y mettre fin.

Ainsi, pour l’opposition comme pour les syndicats, comme aussi aujourd’hui une grande partie de la population, la seule alternative réaliste, maintenant, celle qui puisse sortir du pays d’une crise qui sera à coup sûr sans fin, sans autres mesures anti-populaires et de plus en plus douloureuses notamment pour les pauvres, c’est le désengagement avec l’Union Européenne et donc de la Zone Euro, avec la mise en place d’une économie rurale au bénéfice des intérêts du peuple. La crise grecque n’a-t-elle pas profondément indisposé nombre de ceux qui, jusque-là, avait soutenu l’euro ? Aussi, au-delà de ce cas grec lui-même, de la crise en Europe qui a beaucoup fragilisé l’euro, je terminerai, pour étayer les partisans d’une sortie de la Zone Euro, par la remarque de l’économiste Frédéric London : « S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro »ou l’hypothèse d’un « autre euro possible » sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politique ». Selon lui, l’accord grec a finalement montré que « l’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible ».

 

 

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