L’impact de la crise de 2008 sur l’Islande

La faillite de la banque américaine Lehman Brothers provoque en septembre 2008, une très importante crise financière mondiale. Les banques sont fortement fragilisées et cessent de se prêter de l’argent. Le 5 octobre 2008, les banques islandaises arrivent à court de liquidités. Les habitants ne peuvent alors plus retirer d’argent liquide, ou du moins, il existe une limite à la quantité retirée.

Les trois principales banques islandaises sont acculées à la faillite et la Banque Centrale ne peut les aider toutes à la fois, à cause de  son manque de capitaux en réserve. C’est ainsi que les aides de la Banque Centrale vont aller en priorité à la banque Kaupthing.

Entre temps, Davíd Oddsson devenu gouverneur de la Banque Centrale en 2005, accuse alors les banques d’avoir manqué de prudence.

De son côté, le nouveau gouvernement de coalition élu en 2006, à la tête duquel Geir Haarde (Parti de l’Indépendance) a été nommé Premier Ministre, a vite compris depuis la faillite de Lehman Brothers, les risques qu’encourent le système financier islandais, mais il n’arrive pas à trouver de véritable solution et ses demandes d’aide financière aux pays voisins (France, Allemagne et Russie en particulier) n’aboutissent à aucun résultat.

Les conséquences de la crise sont terribles pour le petit pays et ses habitants. La situation était déjà fragile avant crise avec la Couronne Islandaise qui avait perdu près de 50 % de sa valeur face à l’Euro entre Janvier et Octobre 2008, et si la faible valeur de la Couronne favorise les exportations, en revanche les islandais perdent rapidement la capacité d’importer des biens en provenance de l’étranger.

L’inflation augmente rapidement de 14 % et le pouvoir d’achat des islandais en est, par conséquent, largement fragilisé.

La crise entraîne un important chômage, notamment au sein du personnel des banques. Ainsi la banque Landsbanki licencie un tiers de ses effectifs, soit 500 personnes. Il en est de même pour l’ensemble des secteurs de l’économie islandaise et en l’espace de 2 ans le taux de chômage augmente brutalement de 4,58%.

 

L’endettement par habitant est très fort, on parle alors de surendettement. Quatre causes principales expliquent l’augmentation de la dette :

–  la première est la dévaluation de la Couronne, car pour les prêts indexés sur une valeur étrangère, plus la valeur de la Couronne diminue, plus le montant de la dette à rembourser augmente.

–  la majorité des prêts étaient indexée à cette époque sur l’inflation. L’inflation augmentant, les dettes font de même.

–  Les prix de l’immobilier se sont mis à chuter faute de liquidité pour acheter, la richesse des propriétaires en fait de même.

–  les prêts étaient accordés sans que les capacités financières des emprunteurs n’aient été réellement vérifiées. Tout le monde pouvait emprunter, quels que soient les revenus. Les personnes à revenus faibles se sont trouvés incapables de d’assumer leurs remboursements.

Le chômage et le gel (ou la diminution) des salaires ont aggravé cette situation déjà fragile, ruinant de nombreux islandais qui se sont retrouvés dans l’obligation de mettre en vente leur bien pour payer leurs dettes, et pour survivre.

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Production du groupe (Données : FMI et
site des statistiques islandaises)
(Bien que de nombreux journaux avancent le chiffre de 1,9% de chômage en 2015,
nous avons choisi ici de reprendre les données du FMI et de l’organisme officiel islandais des statistiques)

 

Entre 2008 à 2015, le taux de chômage passe de 2,98 % à 4 % en Islande, soit une hausse d’à peine 1,02 point de pourcentage sur 8 ans.

En réalité au cours de cette période, on observe de 2008 à 2009, un pic brutal de 4,25 points de pourcentages de hausse du chômage avec un taux passant de 2.98 à 7,23%.

Cette hausse est due à la faillite de nombreuses entreprises et aux licenciements massifs qui s’ensuivirent dans les plus grandes entreprises notamment dans les banques sinistrés.

De 2009 à 2010, la courbe du chômage s’infléchie de 0,33 point de pourcentage pour atteindre son maximum de 7,56 % en 2010, avant de se stabiliser du fait des mesures prises par le gouvernement islandais pour redynamiser et protéger les entreprises.

Après 2010, la courbe du chômage s’inverse progressivement pour atteindre 4 % en 2015 soit une diminution de 3,56 points de pourcentage en 5 ans. Cette inversion  est due à la reprise des activités en Islande, en particulier du système bancaire, mais aussi avec la reprise des secteurs du tourisme et de l’aluminium, qui sont en constante progression,  engendrant une hausse de l’emploi.

Aujourd’hui, si l’on compare la conjoncture de l’emploi en Islande et en France depuis 2008, on observe que, malgré la crise particulièrement violente et soudaine qu’a subie l’Islande,  le taux de chômage est beaucoup plus élevé en France. Ainsi en 2010, année durant laquelle le chômage est au plus haut en Islande avec un taux de 7,56 %, il est alors de 9,3  % en France, soit un écart de 1,74 point de pourcentage d’écart. Le chômage est par conséquent moins élevé en Islande qu’en France, et cela est dû à la relance économique qui a permis aux entreprises d’embaucher de nouveau.

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